Cyberharcèlement : définition, signes et que faire (guide pour les parents)
Le cyberharcèlement ne s'arrête pas à la sortie des cours. Définition, formes, signes d'alerte, étapes pour réagir, sanctions prévues par la loi et rôle du 3018 : tout ce qu'un parent doit savoir.

Le cyberharcèlement, c'est quand un enfant ou un adolescent subit des moqueries, des insultes, des menaces ou une mise à l'écart répétées en ligne : dans le groupe WhatsApp de la classe, en commentaires sur Instagram ou TikTok, dans un jeu vidéo ou via un faux compte créé à son nom. Contrairement au harcèlement dans la cour, il ne s'arrête pas à la sortie des cours : il continue le soir et le week-end, sur le téléphone, devant des dizaines de personnes.
Si votre enfant est concerné, retenez d'abord un numéro : le 3018, gratuit, anonyme et confidentiel, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h. Ce guide explique ce qu'est le cyberharcèlement, comment le repérer, que faire étape par étape, ce que dit la loi et qui contacter. Informations à jour en octobre 2026.
Qu'est-ce que le cyberharcèlement ?
Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement (moral, sexuel ou scolaire) commise sur internet, par téléphone ou sur les réseaux sociaux. Il suppose des propos ou comportements répétés, ou bien plusieurs personnes qui s'en prennent à la même victime, même si chacune n'a agi qu'une fois : c'est le cas des « raids » (Service-public.fr).
Trois éléments permettent de le distinguer d'une dispute ponctuelle :
- la répétition ou l'effet de groupe ;
- l'intention de blesser, d'humilier ou d'isoler ;
- un rapport de force : un groupe contre un, un élève plus âgé ou plus populaire, l'anonymat de l'agresseur.
Selon le questionnaire national de l'Éducation nationale de novembre 2025, 3 % des écoliers (CE2 au CM2), 4 % des collégiens et 2 % des lycéens se déclarent en situation de harcèlement, et bien plus sont jugés « à surveiller » (ministère de l'Éducation nationale). Une étude de l'Arcom de 2025 indique que 83 % des 11-17 ans sont régulièrement exposés à au moins un risque en ligne, dont le cyberharcèlement.
Les formes de cyberharcèlement
- Insultes et moqueries en commentaires, messages privés ou groupes.
- Exclusion : retirer l'enfant du groupe de classe ou créer un groupe parallèle pour se moquer de lui.
- Diffusion d'images : captures de conversations privées, photos gênantes, montages.
- Usurpation d'identité : un faux compte au nom de la victime.
- Raids : des dizaines de comptes qui commentent en même temps sous une publication.
- Menaces et chantage, y compris dans les jeux en ligne.
- Images intimes ou « faux nus » créés par IA : ici, on dépasse le harcèlement. C'est une infraction grave à signaler immédiatement.
Les signes qui doivent alerter
Beaucoup d'enfants n'en parlent pas, par honte ou par peur qu'on leur confisque leur téléphone. Soyez attentif à ces changements :
| Ce que vous remarquez | Ce que cela peut signifier |
|---|---|
| Il est tendu ou triste après avoir regardé son téléphone | Il a reçu des messages ou des commentaires blessants |
| Il cache son écran ou efface ses conversations quand vous arrivez | Il a peur ou honte de ce qui se passe |
| Il quitte soudain des groupes ou ne publie plus rien | Il a été exclu ou est pris pour cible |
| Il ne veut plus aller en cours, se plaint de maux de ventre ou de tête | Ses harceleurs sont dans le même établissement |
| Il dort mal, mange moins, s'isole | La situation pèse sur sa santé |
Un signe isolé ne prouve rien. Mais si plusieurs s'additionnent, ouvrez la discussion calmement, sans interrogatoire.

Que faire : les étapes
- Écoutez sans juger. Dites-lui qu'il a bien fait d'en parler et que ce n'est pas sa faute. Évitez « je te confisque ton téléphone » : c'est la première raison pour laquelle les enfants se taisent.
- Ne répondez pas aux harceleurs, ni lui ni vous.
- Conservez les preuves. Faites des captures d'écran avec la date, l'heure et le nom du compte, et copiez les liens. Faites-le avant de bloquer ou de signaler, car les contenus peuvent disparaître. L'application 3018 propose un espace sécurisé pour stocker ces preuves.
- Bloquez et signalez sur la plateforme. Sur Instagram, en plus du blocage, l'option Restreindre rend les commentaires de la personne visibles d'elle seule, et les Mots masqués filtrent les insultes (Instagram). Sur TikTok, les comptes des moins de 16 ans limitent par défaut les commentaires aux amis, et le Mode Connexion famille permet à un parent de choisir qui peut envoyer des messages privés (TikTok).
- Appelez le 3018 si la plateforme ne réagit pas ou si vous ne trouvez pas comment signaler (voir ci-dessous).
- Prévenez l'établissement. Le programme pHARe est obligatoire dans toutes les écoles, collèges et lycées : des personnels formés doivent traiter la situation, et les cas graves sont transmis au procureur.
- Portez plainte en cas de menaces, de diffusion d'images intimes, d'usurpation d'identité ou si le harcèlement continue. La plainte peut être déposée dans n'importe quel commissariat ou gendarmerie, ou par courrier au procureur, jusqu'à 6 ans après les derniers faits.
Le 3018 : comment ça marche
Le 3018 est le numéro national unique contre le harcèlement et le cyberharcèlement, géré par l'association e-Enfance.
- Gratuit, anonyme et confidentiel, 7 jours sur 7, de 9 h à 23 h, pour les jeunes, les parents et les professionnels.
- Par téléphone, par chat ou via l'application 3018 (iOS et Android), qui permet aussi de rassembler les preuves.
- Une équipe de psychologues, de juristes et de spécialistes des outils numériques.
- Il peut faire supprimer des contenus ou des comptes « en quelques heures » : e-Enfance est désignée « signaleur de confiance » par l'Arcom au titre du règlement européen sur les services numériques, ce qui oblige les plateformes à traiter ses signalements en priorité (Arcom).
Ce que dit la loi
- Harcèlement moral (art. 222-33-2-2 du Code pénal) : jusqu'à 1 an et 15 000 € d'amende ; 2 ans et 30 000 € avec une circonstance aggravante, par exemple si les faits sont commis en ligne ou visent un mineur ; 3 ans et 45 000 € avec deux circonstances, comme le cyberharcèlement d'un mineur (Service-public.fr).
- Harcèlement scolaire (art. 222-33-2-3, loi du 2 mars 2022) : il couvre aussi les faits commis en dehors de l'école et en ligne. Un majeur encourt jusqu'à 3 ans et 45 000 €, et jusqu'à 10 ans et 150 000 € si la victime se suicide ou tente de se suicider. Pour un mineur de 13 ans et plus, les peines sont réduites (par exemple 18 mois et 7 500 € dans le cas de base) ; avant 13 ans, seules des mesures éducatives sont possibles (Service-public.fr).
- Signalement abusif : signaler sciemment un contenu licite comme illicite est puni d'un an et 15 000 €.
- Réseaux sociaux et moins de 15 ans : la loi déférée au Conseil constitutionnel en juillet 2026, qui devait en principe interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a vu son article 1er censuré par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026 (décision n° 2026-911 DC). En pratique, ce sont donc surtout les réglages des parents et les règles des plateformes qui s'appliquent.
Qui contacter
- 3018 : téléphone, chat et application, 7 j/7 de 9 h à 23 h.
- PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) : la plateforme officielle de signalement des contenus illicites, dont le cyberharcèlement. Les signalements sont traités par des policiers et gendarmes.
- Chat avec un policier ou un gendarme pour les mineurs, sur masecurite.interieur.gouv.fr, en cas de cyberharcèlement, de sextorsion ou de menaces.
- 116 006 : aide aux victimes, tous les jours de 9 h à 20 h.
- 17 ou 112 en cas de danger immédiat.
Si votre enfant est l'auteur
C'est difficile à entendre, mais c'est l'occasion d'agir tôt. Parlez-lui sans l'humilier, montrez-lui les messages et demandez ce qui s'est passé : souvent, celui qui harcèle suit le groupe pour ne pas devenir la cible. S'excuser, supprimer les contenus et ne pas recommencer sont un minimum ; voyez avec l'établissement comment réparer. Rappelez-lui aussi que, dès 13 ans, le harcèlement scolaire est passible de prison et d'amende.
Prévenir le cyberharcèlement
- Fixez des règles avant le premier téléphone : quelles applis, comptes privés, pas de photos d'autres personnes sans leur accord.
- Réglez la confidentialité ensemble : compte privé sur Instagram et TikTok, messages réservés aux amis, localisation désactivée.
- Activez le contrôle parental : voyez notre guide Google Family Link pour un Android et notre guide du contrôle parental sur iPhone.
- Gardez le dialogue ouvert : parlez des groupes et des jeux aussi naturellement que de l'école.
Un outil de contrôle parental peut aider à remarquer plus tôt qu'un changement s'est produit : une appli utilisée tard le soir, des messageries qui prennent soudain des heures. Utilisez-le en toute transparence, en accord avec votre enfant, pas comme une surveillance cachée.

Repérez les signaux avant qu'ils ne deviennent une crise. Sur Android, KidInspector indique combien de temps votre enfant passe dans chaque application et réalise des captures d'écran de l'activité dans les messageries prises en charge, avec reconnaissance du texte sur Android et macOS. Installez-le sur vos appareils et ceux de vos enfants, et dites-leur qu'il est activé. Il ne fonctionne pas sur iPhone.
Pour comparer les outils, lisez notre guide du contrôle parental.
FAQ
Le 3018, gratuit, anonyme et confidentiel, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, par téléphone, chat ou application. En cas de danger immédiat, composez le 17 ou le 112.
Oui. Le harcèlement commis en ligne est une circonstance aggravante. Contre un mineur, il peut être puni de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende, et le harcèlement scolaire jusqu'à 10 ans en cas de suicide ou de tentative.
Signalez-la sur la plateforme. Si elle n'est pas retirée, contactez le 3018 : en tant que signaleur de confiance, e-Enfance peut obtenir le retrait en quelques heures.
En général, non. L'enfant le vivrait comme une punition pour avoir été victime et ne vous dirait plus rien. Mieux vaut bloquer les harceleurs, régler la confidentialité et convenir de pauses.
Avec des captures d'écran montrant la date, l'heure et le compte de l'auteur, les liens des publications et d'éventuels témoins. Conservez tout avant de bloquer ou de signaler.
Le téléphone et l'ordinateur de votre enfant dans un seul tableau de bord. Avec KidInspector, consultez le temps passé dans les applications, les sites visités et les captures d'écran, selon la plateforme : Android, Windows et macOS. Pas de prise en charge de l'iPhone.



